BRÈVES

N°269 Mars 2026



C'est déjà difficile d'écrire tout seul, alors à deux ! Et pourtant, Borges (Jorge Luis) et Bioy Casares (Adolfo) nous font croire, à les lire, que c'est non seulement fastoche, mais jouissif ! À preuve, le fort volume de leurs Œuvres complètes à quatre mains récemment paru, dans de belles traductions, avec une préface bien sentie de Mohamed Mbougar Sarr. L'éditeur, Seghers, s'est mis en quatre lui aussi.

Les deux compères ont fricoté ensemble pendant plus trente ans, tout en poursuivant leur œuvre personnelle, et nous ont laissé les sept-cents pages que voici, qu'on va lire en plusieurs fois pour faire durer le plaisir.

Ils ont commencé en 1942 par Six problèmes pour Don Isidro Parodi, fort bien traduites ici, semble-t-il, par Françoise-Marie Rosset. Six énigmes policières, où l'enquêteur élucide les divers crimes à partir du récit des témoins, depuis la prison où il est enfermé ! Tour de force ! Enfoncés, Dupin, Holmes et les autres ! Ça sent le pastiche, voire la parodie (le nom de l'enquêteur serait-il un indice ?), ce que confirment les situations frisant l'extravagance et l'humour qui les saupoudre. Il y a là, par exemple, de plaisants paradoxes. Un solliciteur s'adresse au détenu :


Vous qui êtes un sage, vous avez fait un choix heureux : la réclusion, la vie régulière, l'absence d'excitants. Au cœur de la ville, votre petite oasis semble d'un autre monde.


Les deux complices versent aisément dans la métaphore outrée teintée d'humour noir :


J'ai l'élégance d'avouer que j'eus pitié de cette victime de l'alcool et lui pardonnai le spectacle navrant qu'il m'offrait. Il fouettait son cheval comme si c'eût été son fils.


D'après les exégètes, écrire à deux, sous pseudo qui plus est, aurait libéré chacun d'eux. Biorges, en effet, se lâche davantage que ses deux moitiés prises séparément. Mais il y a aussi, chez elles, de l'humour, de la mystification, du jeu, c'est une bonne partie de leur charme, et le préfacier explique lumineusement les racines sérieuses de ce jeu. La parodie, pour Borges, serait non pas un choix, mais un destin : il y a là


une sorte de résignation devant le poids de la bibliothèque, la somme des œuvres du passé, voie close et parfaite et qui condamne les nouveaux écrivains à une éternelle entreprise de réécritures inspirées, de parodies plus ou moins réussies, de pastiches brillants mais vains.


Borges aurait dit :


Il n'y a plus rien à écrire, il faudra se contenter de quelques nouvelles grimaces.

Y croit-il tout à fait ? Mettons qu'il y a un peu de vrai...


= Biorges.
Borges + Bioy Casares

*


Qui après Borges, ce monument ? Un autre monument : Samuel Beckett ! Une montagne, que j'aborde en plus par la face nord. Après des années de tergiversations, de procrastinations, j'ai enfin commencé Comment c'est, roman de 1961, l'un des plus... comment dire... beckettiens.

Un narrateur sans nom soliloque on ne sait où ni quand dans le dénuement et la déréliction au long d'une suite de paragraphes sans points ni virgules ni rien déplaçant des objets se traînant dans la boue dans une ronde kaléidoscopique de leitmotivs ressassants et ça donne ça


quelque chose là qui ne va pas et rien à chronométrer je ne mange donc plus non je ne bois plus et ne mange plus ne bouge plus et ne dors plus ne vois plus rien ne fais plus rien ça reviendra peut-être tout ça une partie j'entends dire que oui puis que non


et ça peut aussi donner ça qui est peut-être avant ou après je ne sais plus et qu'importe après tout


quoi d'abord d'abord boire je me mets sur le ventre ça dure un bon moment je dure un moment avec ça la bouche s'ouvre enfin la langue sort va dans la boue ça dure un bon moment ce sont de bons moments peut-être les meilleurs comment choisir le visage dans la boue la bouche ouverte la boue dans la bouche la soif qui se perd l'humanité reconquise


et moi j'ai l'air de critiquer persifler mais non je trouve ça très fort et c'est avec un infini respect une admiration sans bornes que je me suis éclipsé en chemin je ne sais plus à quel moment sans savoir comment ça finit mais sûr que ça va superbement finir tout seul que ça n'a pas besoin de moi et puis comment faire pour finir Comment c'est ?


Mise en scène d'Alain Françon. Michel Robin, Isabelle Sadoyan.
Beckett, Fin de partie

*


Lola Nicolle est nettement moins connue que les deux géants précités — forcément, c'est une femme, diront certains —, et si je viens de voyager avec son roman, Le grand horizon (Phébus, 2025), c'est à cause de son sujet. Son héros (dans tous les sens du terme) se lance dans une course d'ultracyclisme : 4000 km entre la Bulgarie et Brest, en autonomie, une vraie folie. L'épreuve (au sens fort là aussi) est décrite avec une précision et une vigueur saisissantes. Le voyage au bout de l'Europe, dans des lieux assez sinistres, se double d'un voyage au bout de la souffrance. C'est un déroulé de douleurs, un chemin de croix où les stigmates se portent au cul, mais aussi dans tout le corps martyrisé. C'est en même temps un voyage dans des états de conscience extrêmes, insoupçonnés :


C'est comme s'il se dissolvait dans ce paysage sans pouvoir l'intellectualiser. Vincent ne sait plus où est le vrai et le rêve. L'effort a été si intense qu'il lui semble qu'une autre personne l'a conduit ici.


Il ne contrôle plus rien, ne sait pas ce qui le fait encore avancer. Bientôt, il nage dans un grand bain de nuit, d'eau, d'étoiles et de peur.


Depuis que le tertiaire est le plus grand secteur économique du monde occidental, on oublie ce que cela fait ; des journées entières à l'extérieur, le corps livré au paysage, au climat. La façon dont ça use. Contre la terre, Vincent est si lourd qu'il devient roche.


En alternance avec la course elle-même, on retrouve deux amis du héros, occasion de mieux le connaître et de donner une profondeur de champ à l'aventure. Sans compter qu'un peu d'humanité entrelacé à l'inhumain, ça repose. Les amis suivent la course avec passion grâce aux portables et aux GPS dont le cycliste lui-même est équipé (il se selfie en pédalant), et ce mélange de souffrance élémentaire, animale et de technologie avancée n'est pas le trait le moins frappant du livre.

Spoïlons : Vincent lessivé n'ira pas au bout, mais — jolie trouvaille — il donne son vélo à un autre forçat qui (peut-être) verra Brest.

Quant au lecteur, s'il n'est pas très chaud pour se lancer dans la Transcontinental Race, il repartirait volontiers pour des virées d'un autre genre sur le porte-bagages de la jeune et valeureuse Lola Nicolle.


En ultracyclisme, les femmes sont meilleures que les hommes !
Laurianne Plaçais. A woman wins the BikingMan.

*


Anne Sylvestre n'est certes pas une jeune inconnue, mais ses mignonnes chansons pour enfants ont un peu éclipsé les autres. J'ai moi-même tardé à entrer dans cette caverne aux trésors. Quelle verve, quelle vigueur ! Je découvre aussi avec retard la friandise qu'elle nous offrit il y a dix ans : un livre, Coquelicot et autres mots que j'aime, en Points dans la collection Le goût des mots.

Les recueils de mots, où l'auteur énumère ceux qu'il aime en commentant chacun d'entre eux, sont presque un genre littéraire à part entière, en français du moins. (Dans les autres langues ?) Je vais m'y mettre à mon tour incessamment (cf. mon Coup de langue du mois dernier, «Leurs mots bien-aimés»), après avoir lu naguère et beaucoup aimé, par exemple, Quelques-uns et Le grain des mots de Camille Laurens (P.O.L) ainsi que Le livre des jolis mots, de René Droin, chez Belfond. Il y en a sûrement beaucoup d'autres, tel Mes mots sauvages de Geneviève Brisac, en Points, que je ne vais pas tarder à lire.

Coquelicot chante les louanges d'une centaine de mots (dont Soupes, Escogriffe, Transhumance, Débarouler, Labyrinthe, Rutabaga, Baldaquin, Dinosaure...), en pratiquant l'approche qui est la mienne : chercher dans les sonorités du mot le secret de son pouvoir.

Exemples :


ÉCLUSE

Cet «é» si clair, qui interpelle, qui allume. Et puis «cluse» comme des mains ouvertes laissant s'échapper de l'eau, comme un ruissellement.


ÉDREDON

É-dre-don, cet «é» ouvert comme un bâillement, dre-don, deux fois le «d», consonne douce et délicate, dre-don, dre-don, comme un ronronnement, un fredon, une berceuse.


MENSONGE

Mensonge est une caverne, un terrier, une cache avec ses cavités sombres, ses diphtongues en «en» et «on» sourdes, gris-brun, gris-noir, couleur de terre et de camouflage, et ce «ge» tout de douceur, de protection. C'est le mensonge dont on s'enveloppe comme d'une couverture un peu rugueuse, piquante mais protectrice malgré son odeur suspecte.


PLUIE

Il commence par un «p» mais on n'est pas obligé de le faire exploser, on peut le retenir, l'atténuer, en faire le petit «plop» de la goutte qui tombe d'une gouttière dans le tonneau placé au-dessous.

Après cela, l-u-i-e, «luie» coule tout seul comme un sourire qui s'élargit. C'est la douce pluie d'été qui feutre les bruits...


Suit une évocation de diverses pluies heureuses, tout naturellement ; l'analyse sonore précise amène ici, à chaque mot, le récit de ce que chaque mot évoque — le plus souvent, des souvenirs d'enfance délicieux —, et cela est juste et bon : les mots ne sont-ils pas surtout des sources de rêverie ? L'étude et la rêverie ne sont-elles pas deux sœurs qui s'entraident ?

L'auteure oublie parfois la brève partie analytique, mais lui en voudra-t-on ? Dans ce livre baigné d'une douce et fraîche lumière, Anne Sylvestre est plus poétesse que jamais. Merci, madame. Reposez en paix.


C'est à cet âge-là qu'elle se ressemble le plus.
Feu Anne Sylvestre

*


Tristan Derème, qui s'en souvient ? Poète, il fit partie de l'école dite fantaisiste dans la première moitié du siècle passé, aux côtés de Francis Carco et Paul-Jean Toulet. Son nom est lié pour moi à l'école primaire : on devait lire encore ses poèmes à l'école dans les années 50. Aujourd'hui ?

D'où me vient-il, ce vieux bouquin ? Poèmes des colombes, éditions Émile-Paul frères, 1929, papier tout jauni, les pages cessent d'être coupées à la moitié du livre — qui était-il, mon mystérieux prédécesseur ?

Je suis allé, quant à moi, jusqu'au bout.

Le poète raconte avant tout ses amours :


Bel amour triste et doux où ma peine est ravie,

Toi par qui règne avril au juillet de ma vie,

Que ne puis-je pour toi tirer de l'encrier

Le poème où la rose est unie au laurier...


Il est triste : sa Clymène est en voyage, alors que lui-même ne se sent bien que dans sa campagne natale du Béarn :


Clymène, ces jardins, l'herbe sous les troènes,

Cette maison tranquille à l'ombre du sureau,

Le blanc géranium qui s'éveille au carreau, —

Qu'est-il besoin d'îles lointaines ?


Notre poète pratique le vers ancien sans autre état d'âme que sa douce mélancolie. Sa jeunesse s'éloigne et la nostalgie prend sa place :


L'air balançait les églantiers ;

Les Nymphes bondissaient à travers les sentiers ;

La terre était toute fleurie ;

L'aube dansait aux foins nouveaux,

Et mes songes pareils à de jeunes chevaux

Se cabraient aux vertes prairies.


Non, je ne ricane pas, je ne souris même pas, je fonds de plaisir. Dans ce que je viens de citer, je vois bien les quelques vers plus faibles, mais d'autres, bien tournés, me ravissent. Totalement désuet, ringardisé, ce petit-maître-là est mon ami. Je marche à fond. J'en redemande. Sa tisane est pour moi une eau fraîche, un vin léger. Ma délectation tient aussi au vers traditionnel, bien entendu, dont je ne me lasse jamais, auquel je suis désormais accro comme d'autres se pintent au pinard ou au whisky.

Derème lui aussi est un soûlot, un frère, la poésie est sa drogue :


Et comment vivre,

Quand on ne songe plus qu'à fixer en un livre

Une voix qui parle tout bas

Et dont la plainte nous enivre ?


Je retournerai sûrement le voir dans son EHPAD.


Son vrai nom : Philippe Huc. Moins glamour...
Tristan Derème, devant chez lui.

*


Poésie toujours. André Velter, l'un de mes grands bienfaiteurs, qui en 2000 invita quarante poètes grecs chez Poésie-Gallimard, persiste et signe. Cet homme étonnant, poète et agitateur en poésie (la mythique revue Caravanes, c'était lui), récidive avec une nouvelle revue, Kali Yuga. Un numéro par an, mais énorme (chacun pèse 2 kg), et bourré de textes de poésie ou de prose, tous inédits, tous d'auteurs vivants, venus d'un peu partout dans le monde.

Il n'oublie pas les Grecs ! Ceux que je lui envoie l'enthousiasment, dit-il. Sont accueillis cette fois-ci, côté poésie, Athina Papadàki, Dìmitra Christodoùlou, Yànnis Stìggas (KY1), Katerìna Iliopoùlou (KY2), et côté prose Eleonòra Stathopoùlou (KY1), Thodoris Gònis, Ànna Grìva et Màkis Tsìtas (KY2). Du beau monde. Tous sont publiés au Miel des anges (sauf Tsìtas, mais cela ne saurait tarder).

Au générique du numéro 2, sorti le mois dernier, chez les Français, François Cheng, Jacques Darras et Jean Rouaud. Parmi les voix venues d'ailleurs, remarqué surtout le Bulgare Alek Popov, traduit par Velina Minkoff, l'Estonien Andrus Kivirähk, traduit par l'impeccable Antoine Chalvin, et les délicieusement saugrenus dessins de Glen Baxter.


Couverture : Ernest Pignon-Ernest.
Le n°2, janvier 2026.

*


Ils vont en avoir marre, lesdits volkonautes : je vais encore parler d'Eric Tabuchi et Nelly Monnier. Ces deux fous sont lancés dans un projet immense, l'Atlas des régions naturelles. Il s'agit de photographier la France : non pas les monuments historiques et les sites touristiques, mais l'autre réalité, la plus profonde, celle des paysages et des bâtiments qui nous parlent de la vraie vie, et que dédaignent les autres chasseurs d'images. Ils le font avec un mélange miraculeux de rigueur scientifique et de poésie rêveuse.

L'ARN en est au septième volume, mais cette fois c'est d'AR qu'il est question. AR pour aller-retour. Ce petit volume est un journal de bord. Les photos, qu'ARN donne sans commentaires, sont ici flanquées d'un texte. Tabuchimonnier parle enfin, cela nous manquait un peu. L'absence totale de mots, dans ARN, contribue à donner aux photos une présence étrangement forte, mais ici on se réjouit de lire leurs récits de vadrouille et les belles formules décrivant leur projet.

Leur domaine, c'est le «petit patrimoine». Ils disent leur affection «pour les lieux déclassés de la France prétendument moche». Ces chercheurs d'or excellent à débusquer la beauté cachée dans la laideur, la beauté bancroche des maisons pauvres ou vieilles ou bizarres. (L'être humain est presque toujours absent, les stars ; ce sont elles.) Ils sont «guetteurs d'extravagances», et ce petit volume (éditions Poursuite) est aussi plein de sourires que d'émotions.


Moussey, dans le Saulnois.
La beauté bancroche.

*


La BD du mois, Rouge signal, de Laurie Agusti (2042), m'arrive entourée d'un concert de louanges. Livre important à tous points de vue... passionnant... esthétique lumineuse... couleurs incroyables... dialogues bien ficelés... scénario au cordeau... petit bijou de mise en scène...

Une onglerie où quatre nanas super sympa travaillent dans la bonne humeur. Juste en face, un bureau sinistre où un mec banal, moyen en tout, jaloux de sa brillante collègue, dragueur maladroit, prend peu à peu les femmes en grippe, s'embrigade dans un groupe viriliste et à la fin ça va saigner.

Je suis le premier à dire que globalement les femmes sont plus réussies que les hommes, mais je me demande si Mme Agusti sert la noble cause du féminisme en caricaturant à ce point les mâles. Je suis peut-être naïf, mais la connerie des masculinistes de cette histoire est d'une brutalité qui me laisse pantois. C'est vraiment courant, des porte-couilles aussi couillons ? L'originalité de la narration (elliptique), de la mise en page et des couleurs est indéniable, ça jette, aucun doute, j'admire d'un œil tandis que l'autre, quand même, trouve tout cela un peu chichiteux et flashy.


D'entrée, on est prévenu.
La couv.

*


Au cinéma, encore trois films français de l'année, hautement estimables, de jeunes metteurs en scène.

Ma frère de Lise Akoka & Romane Guéret nous emmène en colo dans la Drôme avec des enfants des cités. Le tout n'est pas d'une originalité bouleversante, le feelgood menace, mais cette fiction fait preuve d'un naturel réjouissant, on s'y croirait, ne boudons pas.

Notre jeunesse colorée toujours : Tout va bien de Thomas Ellis suit plusieurs immigrants mineurs dans leurs efforts pour s'intégrer. Cette fois c'est un docu, mais si bien filmé qu'on dirait une fiction, et certains de ces jeunes jouent avec un naturel confondant, comme si la caméra n'était pas là.

L'engloutie enfin, de Louise Hémon. Un hiver dans un hameau de montagne, il y a plus d'un siècle, avec une jeune institutrice confrontée à des autochtones très différents d'elles. Sombre et lent, lourd de désirs criants, ce premier film est d'une densité extrême, à ranger dans la catégorie films de neige fascinants, à côté d'Un roi sans divertissement de François Leterrier.


Le spectateur aussi, englouti dans l'histoire.
L'engloutie, c'est elle.

*


La musique, c'est toujours Youtube et encore Mendelssohn, avec son prodigieux Songe d'une nuit d'été, l'ouverture surtout, écrite à dix-sept ans, fougueuse, mystérieuse, étincelante, d'autant plus miraculeuse quand on pense au compositeur un peu compassé en quoi le jeune surdoué se transforma trop vite.


Illustration du génial Arthur Rackham
A midsummer night's dream

*


Précieuses nuits d'été, aidez-nous à supporter nos glaciales journées ! Un premier arbre s'habille en fleurs, déjà, dans le jardin de notre voisine qui vient de mourir, mais le monde reste plongé dans un hiver dont on ne voit pas le bout.

Nous sommes atteints, sans cesse plus nombreux, par une glaciation de la pensée qui ankylose les intelligences, par une mauvaise grippe, une peste brunâtre qui rend bête et surtout méchant. Exemple récent : les récents combats de rue à Lyon. Il suffit que les rares violents d'extrême gauche tuent pour la première fois, alors que les bandes armées d'extrême droite le font de façon routinière, et la presse des braves gens pousse les hauts cris, nous traitant d'assassins.

Allez, un autre exemple : un monstre criminel, bafouant les lois, envahit un pays démocratique, et la gauche de notre gauche (pas toute mais en partie) le soutient, rétablissant les vieux ponts entre extrême gauche et extrême droite. Tout en se proclamant insoumis, ils se soumettent humblement à leur gourou, fascinés sans doute par sa raideur toxique. Fachos de gauche, fachos quand même, dit en substance mon ami Markowicz dans sa précieuse chronique, et je me retiens pour ne pas joindre ma voix à la sienne, par égard pour les amis que j'ai encore là-bas.

Musique, musique, aide-nous à respirer.



...et à son héros Philémon.
Ici commence une série dédiée au grand dessinateur que fut Fred....

*


En avril ? Biorges (suite), Lacarrière, Santiso, Ducos, Pawlowska, Jaenada, Fred, qui dit mieux ?









SITATIONS

Savez-vous de qui sont ces phrases ?

(réponse sur le numéro de la citation...)


1


La victoire se remporte avant la bataille.



2


Avec moins, on trouve. Avec trop, on se perd.








*  *  *