BRÈVES
N°268 Février 2026
Il faudrait lire davantage. Puisque tant d'autres délaissent la lecture, forcer la dose pour compenser. Raisonnement idiot, dira-t-on, baroud d'honneur dérisoire, mais quand le colibri bat des ailes il se sent utile et ça lui fait du bien, à lui du moins.
Choisir un bouquin bien épais, c'est encore mieux, ça vous a quelque chose d'héroïque. Même si l'on peste en même temps contre ces auteurs incontinents qui mettent mille pages à raconter ce qui aurait tenu à l'aise en deux cents. Il faudrait imposer des limites — avec, bon, d'accord, des dispenses pour les Proust, les Dosto et quelques autres. (C'est un redoutable pisseur de copie qui ose écrire ça.)
Et si on s'attaquait à Berlin Alexanderplatz, d'Alfred Döblin (450 pages seulement), l'un de ces classiques à lire un jour ou l'autre si l'on ne veut pas passer pour un plouc ? C'est le moment, on en parle beaucoup, Gallimard venant de le rééditer, retraduit, relifté.
Berlin, 1929. Ville et période mythiques. On le sait depuis Fritz Lang et son M le maudit : alors, là-bas, les bas-fonds débordent. Un homme sort de prison, assassin et picoleur, décidé à se ranger mais il repique, plongé dans un monde pourri, entouré de filous en tous genres et flanqué d'un pote mauvais ange. Livre puissant, grouillant, l'auteur a un sacré souffle — plus que son lecteur. Je n'accroche pas. Je ne m'attache pas aux personnages. Fassbinder dans sa postface avoue que pendant 150 pages il s'est ennuyé avant d'être conquis ; je persévère donc à cause de lui et c'est vrai, c'est très bien Alexander Platz, très fort, mais je continue de m'ennuyer un peu, de respirer mal comme dans une pièce étouffante, et mets pied à terre à la page 300.
Cela m'aura suffi pour admirer sous toutes ses coutures le travail du retraducteur, Olivier Le Lay, l'un des grands noms de la profession : langue bousculée, syntaxe aventureuse, ellipses, argots, mots inventés, ça décape, ça déménage !
Rroum rroum fait le mouton à vapeur devant chez Aschinger sur l'Alex. Il fait un étage de haut et il enfonce les rails comme un rien dans le sol.
Air glacé. Février. Les gens vont dans des manteaux. Qui a une fourrure la porte, qui n'en a pas n'en porte pas. Les femmes ont des bas fins et doivent geler, mais ça fait joli. Les clochards se terrent pour fuir le froid. Quand il fera meilleur, ils remettront le nez dehors. Dans l'intervalle ils picolent double ration de schnaps, mais faut voir lequel, on voudrait pas y flotter comme cadavre.
Rroum rroum cogne le mouton à vapeur sur l'Alexanderplatz.
Chauffe, Olivier !
![]() Une gare à Berlin, 1930 |
Après ce rude crapahut, une pause nous fera du bien. Et si on allait dire bonjour à Bernard Frank ?
Le connaît-on encore ? Désinvolte et voluptueux, fêtard invétéré, ce paresseux écrivit beaucoup, car il adorait ça et cela saute aux yeux ; des chroniques surtout, goûteuses, brillantes, brefs instants de bonheur peu soucieux de l'éternité. Sagan et lui s'adoraient et les amis de Sagan sont mes amis. Ma mère aimait le lire, et de temps à autre, par piété filiale et surtout pour mon plaisir égoïste, je sors un de ses livres qu'elle m'a laissés en partant.
Frank adorait la bonne chère et les bons vins, moi non, mais à le lire on devient gourmet de mots. Tout écrivain a son écriture à lui, mais bien peu ont autant que lui un style. On l'entend parler. Il pourrait raconter n'importe quoi, on en redemande. C'est vif, inattendu, souriant, grisant. Les rues de ma vie (Le Dilettante, 2005), regroupe des chroniques parues quinze ans plus tôt dans la revue Urbanismes et architecture sous le titre Promenades. Frank s'y promène dans les rues de Paris et dans ses souvenirs, saluant ou égratignant (ou les deux à la fois) ceux qu'il a côtoyés jadis (très nombreux, car pendant sa folle jeunesse il a rencontré tout le monde) et célébrant à tout bout de champ les restaurants et les bistrots, qui pour lui «sont devenus l'église du monde moderne».
Après avoir longtemps patachonné, il se rangea un peu :
Il m'a fallu toute la sauvagerie de l'existence actuelle qui ne peut plus piffer l'oisiveté, l'amateurisme, qui ne comprend que le langage du fisc, de l'Urssaf, de la Sécurité sociale, des pénalités, des taxes, du faut ce qu'il faut pour que je me décide, à partir de 1980, un an après la mort de ma mère, un an après avoir salué mes cinquante ans, à prendre mes affaires en main, à faire semblant.
Sa plume n'en souffrit guère, c'est l'essentiel. Et il resta fidèle jusqu'à sa mort, il y a vingt ans, à ses sujets futiles, qui ne sont pas toujours les moins sérieux. Les gros livres que ce surdoué n'a pas daigné écrire pèseraient sans doute moins lourd aujourd'hui, pour moi du moins, que ses élégantes bulles de savon.
![]() Bernard Frank (je crois) |
Les voyages non plus, je n'aime pas trop, sauf dans les livres à la rigueur. Tout dépend du guide. Avec Vincent Jacq, dès les premières pages, on est en confiance. Diplomate, archéologue, il est allé partout et publié cinq livres. Dans le plus récent, Atlantides, récemment paru à l'Escampette, il nous emmène au Moyen-Orient en Chine, au Japon, en Australie, dans les Andes, au Brésil, au Maroc, mais aussi à Lisbonne et en Toscane, à Chartres et Fontainebleau. Sans parcours linéaire, avec un minimum de péripéties pittoresques : le voyage ici se fait contemplatif, collectionnant des moments de grâce face à la beauté d'un lieu, qu'il soit monument ou paysage. Une beauté d'autant plus émouvante que menacée par le temps et (de plus en plus) par les hommes. Ces lieux qu'on nous fait voir (et sentir, l'auteur a un sens des odeurs très développé) sont des atlantides du passé, tirées de l'oubli par les archéologues ou par notre regard, mais aussi des atlantides futures.
La mort et la vie, tel est sans doute le sujet profond du livre, comme dans cette phrase qui résume l'Inde :
La nature ici mourant et renaissant puissamment, le désordre profus des multitudes, cette innombrable addition de vies, d'efforts et d'émotions finissent par instiller dans les veines une sorte d'ivresse apaisante, le fluide de l'indifférence heureuse.
Mais le plus précieux du livre, où il prend toute sa dimension, c'est sans doute les fines passerelles reliant soudain les coins les plus éloignés dans le temps et l'espace. Je me souviens, dit l'auteur,
du brouillard de l'aube entre les haies, qui faisait ressembler les champs normands à des bassins sacrés de l'Inde d'où émergeaient les mufles lents des vaches, comme si ma vieille Peugeot remontait vers la genèse des Védas.
Ou encore, sur les fresques romaines de Pompéi ou de Rome :
Elles unissent l'émotion de l'humain et le mystère du divin. On ne reconnaît peut-être une telle liberté que dans les images rupestres de Lascaux, les sanguines de Watteau, les aquarelles de Sargent.
Ou bien cette pique bien méritée :
[En Bolivie] on danse pour la Pachacama ou la Vierge, comme on danse dans les cérémonies sacrées de l'Inde, les rituels d'Afrique ou les sectes mystiques de l'Islam. Pieux hommages aux divinités. Il n'y a qu'en Occident que la danse a pu être associée au péché, à une pratique infernale.
![]() Le sacre du printemps, chorégraphie Pina Bausch |
Tant de livres à lire encore. Où trouver le temps, quand on aime écrire et traduire plus encore que lire ? J'ai un vieux projet : faute d'ingurgiter tout un bouquin, ouvrir mes Lagarde-et-Michard, que j'ai tous gardés, qui dorment depuis le lycée, et papillonner d'extrait en extrait, savourant telle ou telle page classique et décidant du coup, parfois, de lire ou relire toute l'œuvre.
Contentons-nous pour l'instant d'un petit fascicule de textes choisis paru chez Bordas, vieux d'un demi-siècle, sorti de je ne sais où, ayant pour thème le rêve. Commentaires judicieux (semble-t-il — j'ai survolé de haut) d'un certain Jean Pierrot, la Chanson de Roland platement traduite (on a fait mieux récemment), Milton chateaubriannisé lourdement par le Vicomte, Nerval bien sûr (le relire bientôt), et bien d'autres.
Huysmans, que de temps à autre j'essaie d'aimer :
...le Roi parut, immobile dans sa robe de pourpre, droit sous ses pectoraux d'or martelé, constellés de cabochons, ponctués de gemmes, la tête couverte d'une mitre turriculée, la barbe divise et roulée en tube...
Trois lignes et déjà l'indigestion.
Bonne surprise, Benjamin Péret, surréaliste oublié, et sa douce fantaisie :
Tous les quatre portaient des plateaux de plumes multicolores chargés de victuailles étranges répandant un fumet mystérieux dont on n'aurait pu dire s'il s'apparentait à l'odeur des valises neuves ou du tunnel où vient de passer un train.
Avec Michaux, évidemment, on monte à l'étage au-dessus. «Mon Roi», page terrible, dans La nuit remue :
Et c'est mon Roi, que j'étrangle vainement depuis si longtemps dans le secret de ma petite chambre ; sa face d'abord bleuie, après peu de temps redevient naturelle, et sa tête se relève, chaque nuit, chaque nuit.
![]() Henri Michaux |
Saluer Michaux nous amène à la poésie, que ces Brèves n'oublient jamais, et très présente ce mois-ci.
André Dhôtel a écrit et publié des poèmes, qui restent assez marginaux dans son œuvre, mais sa relation d'amitié avec le poète Jean Follain compta beaucoup pour les deux hommes. La route inconnue, association des amis d'André Dhôtel, dont je ne cesse de saluer ici le travail exemplaire, consacre aujourd'hui à leur compagnonnage son vingt-troisième Cahier — deux-cents pages, tout un livre !
On y trouve leur correspondance, les notes des agendas de Follain mentionnant Dhôtel, l'étude (parue chez Seghers et depuis longtemps introuvable) où Dhôtel présente l'œuvre de Follain, les articles qu'ils s'entreconsacrèrent, plus quelques belles méditations dhôteliennes signées Roland Frankart, Philippe Blondeau, Élodie Bouygues, Françoise Rouffiat, Jean-Pierre Vidal.
Certains soulignent les différences entre les deux auteurs ; elles sont notables biographiquement parlant (Follain fut nettement le plus mondain des deux), mais je vois surtout, pour ma part, ce que leurs écrits ont en commun de très profond : une certaine façon d'habiter la marge, l'attachement par exemple à la vie provinciale, aux choses et aux personnages les plus insignifiants, les plus humbles ; la passion pour la botanique ; leur foi religieuse, vive mais discrète, voire secrète ; leur façon très personnelle d'aborder l'un la prose, l'autre la poésie : nous avons là, comme le dit Françoise Rouffiat, un prosateur poète et un poète prosateur.
Plus de trente ans après sa mort, Dhôtel est donc bien vivant ; et si Follain n'a pas le même impressionnant fan-club, il ne manque pas de lecteurs fervents, c'est l'un d'eux qui le dit.
![]() La première édition. |
Et la poésie d'aujourd'hui ? Voilà, ça vient ! J'apprends tardivement l'existence d'une grande poétesse québecoise, Hélène Dorion, née en 1958. Poésie/ Gallimard vient de l'honorer en réunissant quatre de ses recueils sous le titre du premier d'entre eux : Un visage appuyé contre le monde.
Quand on a un peu de mal avec les poètes francophones de son temps, on accueille chaque nouvelle voix avec espoir et crainte : cette fois, va-t-on aimer ?
Il y a d'abord une looongue préface déférente et empesée, qui revêt l'impétrante d'un lourd manteau de poétesse officielle. Sa poésie est bardée de distinctions et de prix, mais lisons quand même, c'est peut-être bien malgré tout.
Cette poésie parle essentiellement de la marche difficile vers l'autre et vers le poème, et aussi d'absence, de vide et de silence, vastes thèmes assurément, mais traités selon moi de façon étrangement abstraite malgré l'intensité des sentiments exprimés, dans un idiome déjà rencontré chez tant d'autres, une sorte de lingua franca internationale un peu aseptisée à base de vers libre passe-partout.
Le corps remplit l'espace
et recouvre en même temps
le corps de la terre.
Par-dessus l'épaule
de la vie
tu vois la chute, la douleur
qui demeurera.
Les yeux ne sont jamais revenus
du corridor où il n'y avait rien
que l'origine
retrouvée par la hauteur.
Je n'ai pas compris grand-chose, mais la question n'est même pas là : quelques vers de Follain me font dresser l'oreille et frétiller, alors qu'ici, de nouveau, j'étouffe mal un bâillement.
Et puis comment peut-on écrire «demeurera», cette horreur sonore, dans un poème ?
Je me dis que cette poésie académique fait sûrement le bonheur de beaucoup de gens, je m'en réjouis pour eux, et que moi-même, peut-être, dans dix ans, tombant de cheval en chemin vers Damas, je la lirai avec des pleurs de joie. Disons, soyons gentil, que le dernier des recueils, Les murs de la grotte, me semble plus concret, plus vivant. Il date de 1998, la suite est peut-être encore meilleure ! Il n'y a pas d'âge pour s'améliorer.
![]() Photogénique, en tous cas. |
La vie un peu hindoue
On voulait des matins doux
On disait "Vous verrez quand ce s'ra nous
Plus de violence, plus de coups"
On voyait nos baisers gagnants
Les filles se déshabillaient tout l'temps
Oh, oh, oh, oh rêveurs
On était rêveurs
Au Virginie conventionnel
On mêlait des herbes ascensionnelles
Et du haut de ces cerfs-volants riants
On voyait le vieux monde s'en allant
Et venir à nous ces nouveautés
La Paix, l'Amour et la Liberté
Oh, oh, oh, oh rêveurs
on était rêveurs
Et puis la foule s'est mise à marcher
Au pas de loi du marché
Et c'est le CAC qu'a commandé
C'est le CAC qu'a cadencé
C'est le CAC avec son gling gling
Qu'a fait : The times, they are changin'
Oh, oh, oh, oh, oh rêveurs
on était rêveurs
Abandonnés dans le Sud marocain
Les jupes gitanes, les foulards indiens
Les djembés, les guitares picking
Le rêve de Martin Luther King
Le monde a sorti ses revolvers
Et tout le vieux matériel de guerre
Maintenant, du café du coin jusqu'aux antipodes
La vie vaut moins cher qu'un iPod
Et moi, j'attends avant de chanter
J'attends mes gars de sécurité
J'esquisse quelques pas de danse
Sous les caméras de surveillance
Oh, oh, oh, oh, oh rêveurs
on était rêveurs
On ne va pas comparer Dorion et Souchon, ce serait injuste pour la première. Les charmes de la chanson, sans aucun doute, sont plus immédiats. Certains iront jusqu'à dire que la chanson, ce n'est pas de la poésie. Alors c'est quoi ?
J'ai toujours aimé Alain Souchon, l'artiste et l'homme. Le réécoutant de façon un peu systématique, je le retrouve encore meilleur, encore plus nécessaire qu'avant.
![]() Alain Souchon. |
Après la chanson, la musique. Passé plusieurs jours avec les dernières sonates pour piano de Schubert, réputées pour leurs «divines longueurs», et nos seulement ces répétitions lancinantes ne me semblent pas longuettes, mais j'en suis plus qu'autrefois ému : je sens Schubert qui ne veut pas que cela finisse, qui ne veut pas s'arracher à l'ivresse bienfaisante, ou (peut-être) qui ne cesse de chercher en tâtonnant quelque chose qui lui échappe encore.
Je crois qu'il vénérait son contemporain Beethoven, qui devait, lui, le regarder de haut. Réécouté les terrifiantes Variations Diabelli, trente-trois variations, le vertige de la répétition sans cesse variée, œuvre obsédante, démesurée, où Beethoven, plus que jamais, est à la fois forgeron brutal et fine dentellière.
L'ennui, quand on écoute la musique sur Youtube, c'est les pubs : on vous les collait naguère avant le morceau, maintenant c'est entre les mouvements, ou carrément au milieu d'un, avec une goujaterie totalement décomplexée. Le pire, c'est un certain Franck Lebœuf, ancien footeux je crois, qui irrupte à tout bout de champ pour nous inciter à vendre notre voiture. Il s'est fait des couilles en or, ce salopard, en saccageant nos plus hautes émotions, devenant du même coup l'homme le plus détesté des mélomanes français. Qui s'écrient chaque fois qu'il apparaît, Puisse tout son fric l'étouffer !
![]() Ludwig Van le terrible |
Chaque semaine sur les écrans parisiens, deux ou trois films à voir absolument apparaissent et disparaissent bien vite, les meilleurs surtout. J'aurais tant voulu voir, par exemple, Engloutie de Louise Hémon ! Nous n'avons pu attraper au vol, ce mois-ci, que trois films récents, de cinéastes nouveaux ici, trois beaux moments à des titres divers.
Le chant des forêts de Vincent Munier : ode aux animaux de la forêt vosgienne, filmés avec un amour et un respect infinis.
L'agent secret, film brésilien de Kleber Mendonça Filho : le Brésil des années 70, le poids de la dictature, scénario et mise en scène puissants et subtils, oui, un grand film, n'insistons pas, la plupart des volkonautes l'ont sans doute vu.
Les échos du passé, film allemand de Mascha Schilinski : une ferme et ses habitants pendant quatre générations, avec au premier plan les enfants de sexe féminin, dont les douloureux destins se répètent. Chaque scène à elle seule est une merveille d'invention et de finesse ; c'est le tout qui pose problème. Le désordre narratif dans L'agent secret a un sens, alors qu'ici on est vite perdu dans un méli-mélo temporel savant, certes, mais confus. On sort du film avec un peu de malaise dans l'euphorie et le sentiment que la réalisatrice, en voulant trop raffiner, trop nous bluffer, s'est un peu égarée en route. Mais pas question de critiquer une œuvre aussi subtile : on passerait, là aussi, pour un plouc.
![]() L'une des quatre filles. |
Consolons-nous : ce petit désagrément personnel n'est que broutille face à l'état du monde. Car la pandémie fait rage. Le Covid ne fut qu'un gros rhume à côté de la peste morale qui nous frappe, nous transformant tous, peu à peu, en zombies fascistoïdes. Nos pays tombent aux mains de sombres brutes élues par de sombres crétins, tandis que nos vrais maîtres, les monstres de l'industrie et de la finance, avec leur égoïsme débridé et leur aveuglement total, nous conduisent allègrement vers le gouffre.
Dans ces conditions, lire sur facebook, tous les deux jours, la chronique d'André Markowicz, lire celle de Stéphane Foucart chaque semaine dans Le Monde, malgré les horreurs qu'ils dévoilent, c'est un soulagement, l'impression de se retrouver avec d'autres survivants dans un petit refuge bien chaud, la grande cité de la démocratie solidaire et lucide s'étant rétrécie en village gaulois.
André, Stéphane et quelques autres, merci du fond du cœur. Continuez, continuons, tant que nous pouvons.
![]() Eh oui, c'est une immigrante. |
Au programme pour mars : Borges & Bioy Casares, Beckett, Sylvestre, Derème, Nicolle, Agusti, Tabuchi & Monier, olé !
![]() Tom Gauld, La revanche des bibliothécaires. |
(réponse sur le numéro de la citation...)
Il fallait noircir la page avant de pouvoir la tourner.
Trop est pire que peu.